Vaccinations: la dernière saison à ses propres frais
À partir du 1er janvier 2027, les vaccinations en pharmacie devraient pouvoir être facturées à l'assurance de base. L'automne 2026 est donc la dernière saison des payeurs privés et en même temps la répétition générale de la future rémunération. L'article résume les recommandations médicales, les aspects commerciaux et les préparatifs nécessaires pour la saison vaccinale à venir.
Points clés
- Dès 2027, les vaccinations en pharmacie seront prises en charge par l’assurance de base; la saison 2026 est la dernière pour les payeurs privés.
- Une saisie propre des données cet automne est déterminante pour les futures négociations tarifaires avec les assureurs.
- L’accent est mis sur la grippe, le Covid-19 et le VRS, le conseil sur les coûts et le statut de remboursement (en particulier pour le VRS) étant central.
- Les rendez-vous de vaccination offrent une occasion idéale de vérifier le statut vaccinal pour l’herpès zoster, les pneumocoques, le DTP et la rougeole/varicelle.
En juin, le Département fédéral de l’intérieur a décidé d’inscrire la réalisation de vaccinations en pharmacie chez les personnes de seize ans et plus au catalogue des prestations de l’assurance obligatoire des soins. Il met ainsi en œuvre une demande du Parlement issue du deuxième paquet de mesures visant à freiner la hausse des coûts. La réglementation entre en vigueur le 1er janvier 2027. Les bases tarifaires doivent encore être élaborées avec les assureurs.
Pour la prochaine période de vaccination, cela ne change rien sur le plan juridique. En pratique, cela change tout. Qui, à l’automne 2026, met proprement en place processus, plages de rendez-vous, documentation et données de demande abordera avec des chiffres solides une année où se décidera la manière dont cette prestation sera rémunérée à l’avenir. Qui laisse la saison se dérouler comme d’habitude, en parallèle, négociera en 2027 sans arguments.
Le calendrier
Septembre est consacré à la préparation. Commander les vaccins, vérifier les autorisations cantonales et les attestations de capacité, établir la grille de rendez-vous, briefer l’équipe. La période recommandée pour la vaccination antigrippale commence à la mi-octobre et dure jusqu’au début de la vague de grippe; pour la vaccination contre le Covid-19, l’OFSP et la CFV citent idéalement la fenêtre allant de la mi-octobre à décembre.
Le point fixe de la saison est la Semaine nationale de la vaccination, du lundi 2 au samedi 7 novembre 2026. Elle a lieu pour la deuxième fois, après avoir remplacé en 2025 la Journée nationale de la vaccination contre la grippe existant depuis 2004, et couvre la grippe, le Covid-19 et le VRS. Elle est portée par le Collège de médecine de premier recours avec l’OFSP, la FMH et pharmaSuisse. Les pharmacies vaccinatrices participantes sont répertoriées sur impfapotheke.ch.
Deux choses y sont régulièrement sous-estimées. Premièrement, la semaine est un accélérateur de demande, non un générateur de demande: qui ne communique qu’en octobre récupère surtout une clientèle qui serait venue de toute façon. Deuxièmement, la saison ne se termine pas le 7 novembre. Tant que la vague de grippe n’a pas démarré, la vaccination reste pertinente, et les recours de décembre touchent souvent précisément les personnes qui hésitaient encore en octobre.
Grippe
La vaccination est recommandée aux personnes présentant un risque accru de complications, soit les personnes de 65 ans et plus, les femmes enceintes à tout stade, les enfants nés prématurément jusqu’à deux ans et les personnes atteintes de maladies chroniques. S’y ajoutent les contacts étroits de ces groupes, expressément aussi les professionnels de la santé et les personnes s’occupant de nourrissons, ainsi que les personnes en contact régulier avec de la volaille ou des oiseaux sauvages.
Pour le choix du vaccin, il existe une différenciation qui passe souvent à la trappe dans le conseil. Pour toutes les personnes de 75 ans et plus, ainsi que pour les 65–74 ans présentant un facteur de risque supplémentaire, le vaccin à haute dose est à privilégier. En cas d’allergie sévère aux protéines d’œuf, le vaccin produit sur culture cellulaire entre en ligne de compte. Lors de la saison 2025, le vaccin vivant atténué administré par voie nasale n’était pas disponible en Suisse; c’est pertinent pour les enfants, car l’alternative est une injection dès six mois.
Sur l’efficacité, l’honnêteté au guichet est payante. Selon la saison et le groupe de personnes, elle se situe entre vingt et quatre-vingts pour cent, plus basse chez les personnes âgées et immunodéprimées. L’argument n’est donc pas d’empêcher toute infection, mais d’atténuer l’évolution et d’éviter les complications. La grippe provoque habituellement en Suisse 112 000 à 275 000 consultations médicales par saison, auxquelles s’ajoutent plusieurs milliers d’hospitalisations et plusieurs centaines de décès.
Une remarque d’actualité: au moment de cette compilation, à la mi-août, la recommandation de la saison 2025 était encore publiée sur le site de l’OFSP. La structure de la recommandation est stable depuis des années, mais la liste concrète des vaccins disponibles change chaque année. La version actualisée doit être consultée avant la commande.
Covid-19
Une dose unique en automne ou en hiver est recommandée pour les personnes particulièrement vulnérables de seize ans et plus, soit les personnes de 65 ans et plus, les personnes présentant des maladies préexistantes pertinentes, y compris les femmes enceintes avec maladies préexistantes, ainsi que les personnes atteintes de trisomie 21. Aux femmes enceintes sans facteur de risque, la vaccination n’est recommandée que sur indication médicale individuelle. À toutes les autres personnes, elle n’est pas recommandée.
Sur le plan commercial, la situation est réglée depuis le 1er juillet 2024 et demeure pourtant souvent mal présentée dans le conseil. Pour les personnes ayant une recommandation vaccinale, l’assurance de base prend en charge les coûts, sous réserve de la franchise et de la quote-part. Les personnes sans recommandation supportent elles-mêmes les coûts. La phrase «la vaccination Covid est gratuite» n’est depuis lors plus exacte et génère à la caisse un agacement évitable.
La vaccination antigrippale peut être effectuée en même temps que la vaccination contre le Covid-19, avant ou après. C’est le plus fort levier organisationnel de la saison, car il réunit deux indications en un seul rendez-vous.
VRS chez l’adulte
C’est ici que se situe le poste commercialement le plus intéressant et le plus délicat en termes de conseil. Depuis le 1er septembre 2025, une recommandation vaccinale existe pour les adultes de 75 ans et plus ainsi que pour les personnes à risque de 60 ans et plus. Elle n’a expressément pas été intégrée au plan de vaccination suisse, car les coûts ne sont pas pris en charge par l’assurance de base.
Cela signifie: recommandée, mais à payer soi-même. La vaccination n’est pas un rappel annuel, mais une dose unique, ce qui distingue nettement son économie de répétition de celle de la vaccination antigrippale. La question de savoir si l’administration en pharmacie est admise dépend du canton; les réglementations diffèrent ici plus fortement que pour la grippe et le Covid-19.
Dans le conseil, le prix et le statut de remboursement appartiennent au début de l’entretien, non à la fin. Une vaccination recommandée mais non remboursée nécessite une explication, et cette explication est plus désagréable si elle n’arrive qu’au moment de payer.
Chez les nourrissons, une autre logique s’applique. Pour les nouveau-nés et les nourrissons durant la première année de vie, la vaccination maternelle pendant la grossesse et l’immunisation passive par anticorps monoclonaux à longue durée d’action constituent des options équivalentes, complétées par une recommandation pour les jeunes enfants à risque accru. Pour l’officine, c’est avant tout un thème de conseil auprès des femmes enceintes et des jeunes parents, avec un lien direct à la vaccination antigrippale pendant la grossesse.
Le second panier
Le rendez-vous grippe est le meilleur moment de dépistage de l’année, parce qu’une personne à risque accru et prête à se faire vacciner se trouve devant vous et que du temps a été prévu. Quatre postes valent la vérification.
La vaccination contre l’herpès zoster avec le vaccin sous-unitaire adjuvanté est recommandée à toutes les personnes de 65 ans et plus, sans limite d’âge supérieure, ainsi qu’aux personnes immunodéficientes dès 50 ans, respectivement dès 18 ans en cas d’immunodéficience sévère. Deux doses espacées d’au moins deux mois sont nécessaires, les coûts sont pris en charge par l’assurance de base. Qui administre la première dose en octobre aura la seconde en décembre ou en janvier, donc au cours de la même saison.
Concernant les pneumocoques, la CFV a actualisé sa prise de position sur les vaccins conjugués de valences différentes le 23 février 2026; pour les groupes d’âge concernés, une dose unique de vaccin conjugué 21-valent est prévue. L’état actuel par groupe d’âge est publié par la CFV et devrait être vérifié avant le conseil, car ce dossier a bougé à plusieurs reprises ces dernières années.
S’y ajoutent deux classiques: le statut de rappel pour la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, en particulier la vaccination anticoquelucheuse pendant la grossesse, ainsi que le rattrapage vaccinal contre la rougeole et la varicelle chez les adultes de moins de quarante ans. Les deux se repèrent sans effort supplémentaire lors d’une vaccination antigrippale si le carnet de vaccination est consulté systématiquement.
Qui paie quoi aujourd’hui
La répartition est simple et pourtant rarement communiquée clairement. Si une vaccination recommandée est effectuée en pharmacie sur prescription médicale, le vaccin est remboursé par l’assurance de base. L’administration elle-même est à la charge de la personne vaccinée. La pharmacie fixe le prix de cette prestation.
C’est précisément de là que naît la tâche de la saison. Le montant de l’administration est visible, il figure sur la quittance, et l’expérience du printemps avec les postes détaillés de la nouvelle rémunération basée sur les prestations montre à quelle vitesse un poste visible devient un sujet de litige. Qui annonce à l’avance le prix de la vaccination, l’affiche en vitrine et sur son site et le justifie par la prestation – anamnèse, vérification des indications et contre-indications, information, administration, surveillance post-vaccinale et documentation – ne vend pas plus cher, mais de façon plus compréhensible.
Les conditions formelles
Vacciner en pharmacie est aujourd’hui possible dans tous les cantons et effectivement proposé dans plus de deux tiers des pharmacies. L’autorisation est délivrée par les cantons et les catalogues diffèrent considérablement. Certains cantons n’admettent que les vaccins inactivés, d’autres toutes les vaccinations du plan de vaccination, d’autres encore uniquement les vaccinations de suivi après une première vaccination médicale. La vaccination contre la fièvre jaune reste réservée aux centres médicaux agréés; la vaccination antirabique est possible en pharmacie en pré-exposition, mais pas en post-exposition. pharmaSuisse tient un aperçu des vaccinations autorisées par canton; la version actuelle date du 3 juillet 2026.
Sur le plan du personnel, l’attestation de capacité FPH vaccination et prise de sang est requise, étant précisé que les pharmaciennes et pharmaciens titulaires d’un diplôme fédéral obtenu dès 2022 n’ont pas besoin de cette attestation séparément, la formation étant intégrée aux études de base. Sont dans tous les cas nécessaires l’autorisation cantonale, un certificat BLS-AED reconnu et valable ainsi qu’une assurance responsabilité civile couvrant le risque. S’y ajoutent les exigences d’exploitation: un local de conseil approprié, un siège pouvant être mis en position allongée, un conteneur pour déchets spéciaux, un questionnaire de triage et la documentation de la vaccination, de préférence sous forme électronique. Dans plusieurs cantons, les vaccinations en dehors des locaux de la pharmacie sont interdites.
Ce qu’il faut faire maintenant
Trois choses décident de cette saison. Premièrement, la commande: disposer à temps et en quantités réalistes des vaccins contre la grippe, le Covid-19 et le VRS ainsi que, le cas échéant, des anticorps monoclonaux, en tenant compte de la variante à haute dose pour les classes d’âge les plus élevées. Deuxièmement, le calendrier: ouvrir des plages de rendez-vous avant et pendant la semaine du 2 au 7 novembre, permettre les vaccinations spontanées mais éviter les temps d’attente. Troisièmement, les données: les vaccinations enregistrées, les vaccinations refusées et leurs motifs ne sont pas une charge administrative, mais le matériel avec lequel la profession négociera un tarif l’année prochaine.
La prestation vaccinale de la pharmacie fera pour la première fois partie du catalogue régulier des prestations en 2027. Ce qu’elle vaudra alors sera mesuré sur une base de données qui se constitue cet automne.

