Réticence vaccinale en officine : du réflexe à la stratégie

La réticence vaccinale est largement répandue en Suisse, mais la plupart des gens ne sont pas dans un refus strict : ils sont incertains. Cet article montre comment les pharmacies peuvent mener des entretiens de vaccination efficaces grâce à la méthode fondée sur les preuves de l'entretien motivationnel (EM). Face à la révision imminente de la LAMal, qui fait des vaccinations en pharmacie une prestation remboursée, cette compétence de conseil devient une qualification clé.

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Rosa Berg · May 25, 2026 · 21 min read
Réticence vaccinale en officine : du réflexe à la stratégie

Points clés

  • La réticence vaccinale est un spectre ; le grand groupe des indécis est la cible centrale du conseil en officine.
  • L’entretien motivationnel (EM) est une technique d’entretien fondée sur les preuves pour accroître la disposition à la vaccination sans «righting reflex» confrontationnel.
  • La révision de la LAMal fait des vaccinations en pharmacie une prestation de l’assurance obligatoire dès 2027, ce qui accroîtra fortement la demande et l’importance du conseil.
  • Des techniques EM pratiques comme OARS (questions ouvertes, affirmation, écoute réflexive, résumés) sont applicables au quotidien de l’officine.

Plus de la moitié de la population résidante suisse – exactement 51 pour cent selon l’étude de l’OFSP 2024 sur la compétence en matière de vaccination – éprouve des difficultés à gérer les informations relatives aux vaccins. [1] 63 pour cent trouvent difficile d’évaluer la fiabilité de ces informations. La part des critiques déclarés de la vaccination a légèrement diminué depuis 2018, de 10 à 7 pour cent ; parallèlement, le groupe des indécis incertains s’est nettement accru et, dans l’enquête Wellcome Global Monitor de 2018, 22 pour cent des Suisses jugeaient les vaccins peu sûrs – la deuxième valeur la plus élevée d’Europe après la France. [2] Dans cette configuration, l’officine suisse a un rôle spécifique. Elle est à bas seuil, elle est souvent le premier – parfois le seul – point de contact d’une personne ambivalente avec un professionnel, et dès le 1er janvier 2027 la vaccination en pharmacie (acte vaccinal et vaccin) sera couverte par l’assurance obligatoire des soins, pour autant que la vaccination soit recommandée par le plan de vaccination suisse. [3] La question du conseil se déplace ainsi : il ne s’agit plus seulement de savoir si l’on a le droit de vacciner, mais comment mener les entretiens de vaccination pour qu’ils produisent un effet.

En un coup d'œil

  • La réticence vaccinale n’est pas un oui/non binaire. L’OMS distingue un spectre de vaccine hesitancy entre acceptation complète et refus complet ; en Suisse, seuls 7 pour cent sont des critiques déclarés, environ 60 pour cent sont indécis – ce groupe intermédiaire est la cible centrale du conseil. [1,4]
  • L’entretien motivationnel (EM) est la méthode de communication la mieux étayée par les preuves face à la réticence vaccinale. L’étude canadienne PROMOVAC de Gagneur et collaborateurs a montré une réduction de la réticence vaccinale de 40 pour cent et une augmentation significative du taux de vaccination des nourrissons de 0 à 2 ans grâce à un conseil fondé sur l’EM. [5] Une étude publiée en 2024 dans des pharmacies américaines (outil MOTIVE, n=362) a obtenu une décision immédiate de se faire vacciner chez 35,4 pour cent des patient·e·s réticents, 26 pour cent supplémentaires prévoyant la vaccination. [6]
  • Le plan de vaccination suisse 2026 (publié en février 2026 par l’OFSP et la CFV) apporte trois nouveautés essentielles : protection des nourrissons contre le VRS désormais aussi par vaccination maternelle (Abrysvo) comme alternative au nirsévimab ; recommandation actualisée sur les pneumocoques (vaccins conjugués de valences différentes adaptés à l’âge) ; tableau actualisé des corrélats sérologiques. Le VRS pour les seniors n’a pas été intégré au plan 2026 (prise en charge par l’assurance obligatoire refusée). [7,8]
  • Vaccination HPV des garçons : vaccination de base depuis le 1er janvier 2024 (auparavant vaccination complémentaire). Couverture suisse chez les jeunes de 16 ans : filles 71 %, garçons 49 % (période 2020–2022) ; nouvel objectif de 90 % d’ici 14 ans, conforme à la stratégie d’élimination du cancer du col de l’utérus de l’OMS. [9]
  • Révision de la LAMal du 21.3.2025 : la prestation de vaccination du pharmacien (acte vaccinal et vaccin) sera remboursée par l’assurance obligatoire dès le 1.1.2027 vraisemblablement, pour autant que la vaccination suive le plan de vaccination suisse. Étude pharmaSuisse 2024 : 74 % de la population se ferait vacciner en pharmacie à cette condition. [3,10]

Contexte clinique et épidémiologique

La réticence vaccinale a été déclarée en 2019 par l’OMS comme l’une des dix plus grandes menaces sanitaires mondiales. L’OMS définit la vaccine hesitancy non comme un refus binaire, mais comme un spectre de comportements entre acceptation complète et refus complet. À l’intérieur de ce spectre, trois groupes sont cliniquement particulièrement pertinents : acceptation complète avec besoin de confirmation («Je vaccine, mais j’ai juste besoin de la confirmation»), ambivalence («Je ne suis pas sûre») et refus avec besoin d’être compris («Je ne vaccine pas, mais j’aimerais être compris»). La majorité des patient·e·s que rencontre l’officine appartient au groupe intermédiaire, indécis. [4]

Les données suisses correspondent à ce schéma. L’étude 2024 sur la compétence vaccinale montre que 51 pour cent de la population ont de la peine à situer les informations sur les vaccins et que 63 pour cent estiment difficile d’en évaluer la fiabilité ; reconnaître les fausses informations est ressenti comme tout aussi exigeant. [1] Parallèlement, l’étude montre que le corps médical, utilisé par 85 pour cent des personnes, reste de loin la source d’information la plus importante pour les décisions vaccinales, suivi à distance par les autorités sanitaires (38 %), l’entourage personnel (36 %) et les sources internet (34 %).

Les pharmacies ne sont pas identifiées séparément dans cette étude, mais elles constituent dans les faits une instance de conseil en croissance. Depuis l’automne 2015, les pharmaciens suisses titulaires du certificat de capacité FPH «Vacciner et prélever du sang» ou d’un diplôme fédéral obtenu dès 2022 peuvent administrer certaines vaccinations dans presque tous les cantons – au mois de mars 2026, le spectre varie selon les cantons (de la grippe et de la méningo-encéphalite verno-estivale au HPV, à la rougeole, aux pneumocoques, au tétanos et à l’hépatite A/B). [11] Les conditions sont une autorisation cantonale, un certificat BLS-AED valable (deux ans) et des locaux appropriés. Au 31 décembre 2024, 7341 pharmaciennes et pharmaciens disposant d’une autorisation d’exercer étaient enregistrés en Suisse dans MedReg. [10]

L’obstacle structurel a jusqu’ici été le financement : les vaccinations en pharmacie devaient être payées par les patients eux-mêmes ou facturées à des assurances complémentaires. Avec la révision de la LAMal du 21 mars 2025, cela change : vraisemblablement dès le 1er janvier 2027, l’acte vaccinal et le vaccin en pharmacie seront couverts par l’assurance obligatoire des soins, pour autant que la vaccination soit recommandée par le plan de vaccination suisse. [3] L’enquête pharmaSuisse 2024 a quantifié le potentiel de demande : 74 pour cent de la population se feraient vacciner en pharmacie à cette condition – ce qui correspond à un doublement du recours actuel. [10]

Le spectre de la réticence vaccinale : quatre types de conseil

Une première différenciation de la réticence vaccinale, pertinente pour le conseil, aide à orienter immédiatement l’entretien dans la bonne direction. Sur le plan clinique et communicationnel, on distingue quatre types idéaux que le professionnel de l’officine rencontre typiquement :

1. En quête de confirmation. Ces patients sont fondamentalement disposés à se faire vacciner, mais ont brièvement besoin d’une confirmation professionnelle. La durée de l’entretien est courte (une à deux minutes), la tâche est : une confirmation brève et factuelle, le cas échéant un renvoi à des sources concrètes comme infovac.ch ou un extrait du plan de vaccination.

2. Incertain / indécis. Ce groupe est de loin le plus important (en Suisse environ 60 pour cent de la population). Il est ouvert à un entretien, mais a des craintes ou des lacunes spécifiques : effets indésirables, technologie à ARNm après le Covid, densité des vaccinations infantiles, maladies auto-immunes, réactions vaccinales locales. La tâche de conseil est ici la plus productive – et la plus chronophage. C’est ici que l’entretien motivationnel (EM) constitue la réponse méthodologique.

3. Refus sélectif. Ces patients refusent une vaccination déterminée, mais pas les autres. Configurations fréquentes : vaccination HPV de leur propre enfant, vaccination contre la grippe pour soi-même à un âge avancé, rappel Covid après la primovaccination. La tâche de conseil consiste à distinguer le refus spécifique d’un rejet global de la vaccination et à traiter l’argumentation sélective.

4. Refus de principe. Ce groupe est petit (environ 7 pour cent en Suisse). La tâche de l’officine n’est pas ici la conversion – les preuves d’efficacité d’un entretien unique de six minutes au comptoir sont faibles. La tâche est le respect de l’autonomie, la mise à disposition d’une question qui ouvre la porte, la documentation du conseil et – si cliniquement indiqué – l’offre d’une consultation médicale.

Entretien motivationnel (EM) : méthode et preuves

L’entretien motivationnel (EM) a été développé dans les années 1980 par William Miller dans le contexte du traitement des addictions et il est, depuis les années 2010, également évalué de façon intensive dans le conseil vaccinal. [12] C’est un mode de communication centré sur le patient, dont le but est de renforcer la motivation intrinsèque d’une personne à changer de comportement, sans la presser.

La clé centrale est la suppression de ce que la littérature EM appelle le righting reflex – l’impulsion professionnelle à corriger immédiatement une information erronée ou à convaincre une personne de se faire vacciner par des arguments. Empiriquement, ce réflexe renforce la réactance et le refus. La stratégie la plus efficace est une conduite d’entretien guidée (non directive), qui suit quatre principes : partenariat, acceptation, compassion et évocation – en bref le «MI spirit». [12,13]

Sur le plan méthodologique, l’EM opérationnalise cet esprit par quatre micro-techniques résumées sous l’acronyme OARS :

O – Open questions. Des questions ouvertes, non suggestives, plutôt que fermées. «Qu’est-ce qui vous préoccupe dans cette vaccination ?» plutôt que «Êtes-vous contre la vaccination ?» Une question ouverte ouvre un espace où la personne peut formuler ses propres réserves.

A – Affirmations. Une reconnaissance affirmative, non flatteuse, de l’effort que quelqu’un fournit. «Il est précieux que vous vous penchiez sur cette décision avec autant de soin.» Cela abaisse la réactance et établit une relation d’égal à égal.

R – Reflective listening. Un reflet actif et paraphrasant de ce qui a été dit. «Vous vous inquiétez donc surtout du fait que votre fils, en tant que garçon, doive recevoir une vaccination que vous pensiez à l’origine réservée aux filles.» L’écoute réflexive signale que la personne est comprise et lui donne la possibilité d’entendre sa propre position et, le cas échéant, de la modifier.

S – Summaries. De brèves réflexions récapitulatives à la fin d’une phase de l’entretien, qui reprennent la position de la personne et jettent le pont vers la phase suivante.

Une technique EM concrète qui fonctionne bien dans le conseil vaccinal est l’échelle d’importance et de confiance : «Sur une échelle de 0 à 10 – quelle importance aurait pour vous que votre enfant reçoive cette vaccination ?» Face à une réponse médiane comme «5», la question de suivi productive n’est pas «Pourquoi pas plus haut ?» (cela active la défense), mais : «Qu’est-ce qui vous fait dire 5 plutôt que 2 ?» Cela stimule ce que l’on appelle le change talk – la personne formule ses propres raisons en faveur de la vaccination. [13]

Preuves de l’EM dans le conseil vaccinal : l’étude PROMOVAC du Québec (Gagneur et al., BMC Public Health 2018 ; Lemaitre et al. pour la couverture à long terme, Hum Vaccin Immunother 2019) a montré, pour une intervention EM standardisée de 15 minutes en post-partum, une réduction de la réticence vaccinale des mères de 40 pour cent et une augmentation significative de la couverture vaccinale des nourrissons à 7 mois, de 74 à 80 pour cent ; parallèlement, l’appréhension parentale vis-à-vis de la vaccination est passée de 16 à 5 pour cent. [5] Une étude d’application publiée en 2024 dans huit pharmacies américaines (outil MOTIVE de Chen et collaborateurs, n=362 entretiens documentés) a donné comme résultats immédiats : 35,4 pour cent des patient·e·s se sont fait vacciner lors du même rendez-vous après l’entretien, 26 pour cent ont planifié un rendez-vous prochain, 25,1 pour cent ont continué d’examiner la vaccination, et seuls 13,5 pour cent sont restés désintéressés. [6] Les principales raisons de la réticence dans cette étude étaient : la sécurité (39 %), la coordination des soins (31,5 %) et l’efficacité (30,4 %).

Cadre temporel pratique : un conseil conforme à l’EM ne nécessite pas 30 minutes. Plusieurs études montrent qu’un brief MI de 5 à 10 minutes peut aussi avoir des effets significatifs – un cadre temporel compatible avec le comptoir de l’officine suisse, en particulier après l’établissement du conseil vaccinal remboursé dès 2027.

Ce que l’on demande souvent au comptoir – avec des exemples EM concrets

Quatre situations de conseil typiques en officine suisse – avec des exemples EM concrets :

1. La mère sceptique face au HPV pour son fils de 13 ans

Une mère d’environ 38 ans arrive à l’officine avec une lettre de la médecin scolaire. Son fils doit recevoir la vaccination HPV. Elle dit : «Mon fils est un garçon. Pourquoi le HPV ? Et j’ai lu que des filles développent des maladies auto-immunes après la vaccination.» — Question ouverte : «Que souhaitez-vous décider pour votre fils – et qu’est-ce qui compte le plus pour vous là-dedans ?» Écoute réflexive : «Vous voulez donc surtout être sûre qu’une vaccination a un sens médical pour votre fils et qu’elle ne cause pas de dommage – c’est une bonne attitude de départ.» Confirmation professionnelle sous forme brève : la vaccination HPV est en Suisse, depuis le 1er janvier 2024, une vaccination de base aussi pour les garçons de 11 à 14 ans, avec un schéma à 2 doses (comme pour les filles) ; vaccination de rattrapage de 15 à 19 ans avec un schéma à 3 doses (ou 2 doses hors indication), vaccination complémentaire de 20 à 26 ans – et non plus seulement une recommandation complémentaire comme auparavant. [9] Estimations : 80 à 180 cas de cancer évitables par an chez les hommes en Suisse (carcinomes anaux, péniens, oropharyngés). [9] Sur la question auto-immune : la revue systématique de Phillips et collaborateurs (Drug Saf 2018) a analysé 109 études, dont 15 études populationnelles portant sur plus de 2,5 millions de personnes vaccinées dans six pays – sans preuve cohérente d’un risque accru de maladies auto-immunes ou d’autres adverse events of special interest. [14] Préservation de l’autonomie : «Vous ne devez pas décider aujourd’hui. Quelle information vous aiderait à décider sereinement ?»

2. Le diabétique de 67 ans avec une recommandation antipneumococcique

M. B., 67 ans, client fidèle de longue date, diabétique de type 2 sous metformine, insuline glargine et atorvastatine. Sur indication de sa médecin de famille, il doit recevoir une vaccination antipneumococcique. Il dit : «Mon beau-frère s’est fait vacciner et il a été malade trois jours. Je n’en ai pas besoin.» — Échelle d’importance : «Sur une échelle de 0 à 10 – quelle importance aurait pour vous d’éviter une pneumonie grave ?» Réponse : «7.» Question de suivi : «Qu’est-ce qui vous fait dire 7 plutôt que 3 ?» Patient : «Eh bien, mon père est mort d’une pneumonie à 72 ans.» — Le change talk est ainsi activé. Mise en perspective professionnelle : le vaccin conjugué PCV20 est depuis 2024 la recommandation en Suisse pour les personnes de 65 ans et plus ; la prise de position actualisée de la CFV du 23.2.2026 différencie par groupes d’âge et de risque. [7,8] Les personnes diabétiques font partie des groupes à risque explicites. Réaction habituelle : réaction locale au point d’injection, légère fatigue pendant 24 à 48 heures – ce qui recoupe l’expérience du beau-frère.

3. La patiente de la classe moyenne, fatiguée de l’après-Covid, lors de la vaccination antigrippale

Mme M., 52 ans, vient en octobre pour la vaccination contre la grippe, mais a visiblement des réserves. Elle dit : «Après la vaccination Covid, j’ai été fatiguée pendant trois semaines. Je ne sais pas si je veux revivre ça.» — Écoute réflexive : «Trois semaines de fatigue, c’est une expérience très désagréable – je le comprends.» Et non : «Mais les études montrent que c’est rare.» – ce serait le righting reflex. Question ouverte : «Qu’est-ce que cette fatigue a changé pour vous à l’époque ?» Écouter. Différenciation professionnelle seulement ensuite : les vaccins antigrippaux (vaccin fragmenté inactivé ou vaccin sous-unitaire) sont technologiquement fondamentalement différents des vaccins à ARNm. La réactogénicité est en général plus faible ; la fatigue cliniquement documentée après une vaccination antigrippale dure en règle générale 24 à 48 heures. Pour Mme M., une stratégie «low dose» – un rendez-vous le vendredi en fin d’après-midi, le week-end pour se reposer – serait une concession concrète, respectueuse de l’autonomie et des réserves.

4. Les jeunes parents avec le nourrisson et la 1re dose de ROR

Une mère d’environ 33 ans arrive à l’officine ; son fils de 9 mois doit recevoir la 1re dose de ROR (recommandation avancée à 9 mois depuis 2019). Elle dit : «Déjà si tôt ? Mon mari et moi sommes hésitants.» — Question ouverte : «Qu’est-ce qui vous préoccupe dans le moment des 9 mois ?» Écouter. Souvent revient : l’inquiétude que les nourrissons soient trop jeunes, la «charge vaccinale» infantile. Affirmation : «Vous vous posez des questions, cela fait partie d’une bonne décision parentale.» Information professionnelle brève : depuis janvier 2019, la première vaccination ROR est recommandée en Suisse à 9 mois (auparavant 12 mois), la seconde dose à 12 mois. Contexte : des études antérieures ont montré que la protection par les anticorps maternels est déjà insuffisante chez de nombreux nourrissons avant le douzième mois – l’avancement vise surtout à combler une lacune de protection. Cas de rougeole en Suisse en 2024 : 87, contre 0 en 2021/22. [15] La couverture nationale à 2 doses chez les enfants de 2 ans était de 91 % en 2023 – le seuil d’immunité collective (95 %) n’est pas encore atteint. Préservation de l’autonomie : «Si vous souhaitez encore en discuter quelques jours à la maison – vous pouvez aussi reporter le rendez-vous chez votre médecin de famille ou chez nous de deux semaines, sans qu’il n’arrive quoi que ce soit de grave.»

Réalité suisse de la prise en charge et des tarifs

La réalité suisse de la prise en charge et des tarifs autour de la vaccination en pharmacie a fait un pas tectonique ces deux dernières années.

Réalité tarifaire jusqu’ici (jusqu’à fin 2026) : les vaccinations en pharmacie sont pour l’essentiel des prestations payées par le patient. Les patient·e·s paient l’acte vaccinal et le vaccin de leur poche ou via des assurances complémentaires. Certains cantons ont soutenu des projets pilotes ; certains assureurs maladie ont accordé des remboursements via des programmes de bonus ou des tarifs complémentaires. Cette configuration a de fait limité le potentiel de demande : selon l’enquête pharmaSuisse 2024, environ un quart de la population suisse s’est déjà fait vacciner ou conseiller en pharmacie – l’intérêt, à 50 pour cent, est deux fois plus élevé. [10] 74 pour cent se feraient vacciner en pharmacie si l’assurance obligatoire prenait en charge.

Nouvelle réalité tarifaire (dès le 1.1.2027 vraisemblablement) : avec l’adoption du deuxième paquet de mesures de maîtrise des coûts par le Parlement le 21 mars 2025, la prestation de vaccination du pharmacien – concrètement l’acte vaccinal et le vaccin – sera couverte par l’assurance obligatoire des soins, pour autant que la vaccination soit recommandée par le plan de vaccination suisse. [3] Les modalités tarifaires exactes (position RBP V, différenciations cantonales, assistance en pharmacie sous supervision) sont actuellement élaborées par pharmaSuisse, l’OFSP et les cantons.

Conditions d’exercice pour les pharmacien·ne·s souhaitant vacciner en Suisse : certificat de capacité FPH «Vacciner et prélever du sang» ou diplôme fédéral obtenu dès 2022 (dans lequel la formation à la vaccination fait partie des études de base) ; en outre un certificat BLS-AED reconnu par le SRC en cours de validité (validité de 2 ans) ; une autorisation cantonale par pharmacie ; des locaux appropriés avec possibilité de s’allonger, un set d’urgence et un conteneur pour déchets spéciaux. [11,16] Les obligations de formation continue sont contrôlées pour les titulaires FPH par FPH Offizin. Au 31 décembre 2024, 7341 pharmaciennes et pharmaciens disposant d’une autorisation d’exercer étaient enregistrés en Suisse dans MedReg. [10] pharmaSuisse publie en continu un aperçu actualisé, par canton, des vaccinations autorisées.

Quelles vaccinations sont administrées en pharmacie ? En mars 2026, les vaccinations en pharmacie les plus fréquentes en Suisse sont : grippe saisonnière, méningo-encéphalite verno-estivale, coqueluche (dTpa), hépatite A/B, rattrapages ROR, pneumocoques, HPV – dans certains cantons également le VRS (pour adultes) et la médecine des voyages (typhoïde, prophylaxie pré-exposition contre la rage, choléra). [11] La liste varie selon les cantons ; pharmaSuisse tient un aperçu actualisé sous pharmaSuisse.org/de/impfberatung.

Sécurité, contre-indications, gestion des urgences

Conditions cliniques pour la vaccination en pharmacie en Suisse : triage par questionnaire avant chaque vaccination ; exclusion d’une grossesse (pour les vaccins vivants), d’infections aiguës avec fièvre >38,5 °C, d’allergies graves connues à des composants du vaccin, d’un traitement immunosuppresseur (pour les vaccins vivants). [16] Une assise pouvant être mise en position allongée ainsi qu’un set d’urgence (avec auto-injecteur d’adrénaline et antihistaminique) sont obligatoires en pharmacie.

Les effets indésirables fréquents sont comparables d’une classe de vaccins à l’autre : réaction locale au point d’injection (gonflement, rougeur, douleur) dans 20 à 80 % des cas, légère réaction systémique (fatigue, céphalées, douleurs musculaires, fébricule) dans 10 à 40 %, les deux se résolvant spontanément en 24 à 48 heures. [7] Ces réactions sont l’expression de la réponse immunitaire souhaitée et ne devraient pas être minimisées lors du conseil, mais situées – cela renforce la crédibilité du conseil.

L’anaphylaxie est très rare : la littérature internationale situe l’incidence après vaccination à environ 1 à 5 pour 1 million de doses (ordre de grandeur variable selon le vaccin et la cohorte). [7] Elle survient en règle générale dans les 15 à 30 minutes suivant l’injection – d’où la recommandation d’une surveillance de 15 à 30 minutes en pharmacie (possibilité de s’allonger ou de s’asseoir nécessaire). La pharmacie doit disposer de personnel certifié BLS-AED et avoir exercé la procédure d’urgence.

Interactions avec la médication au long cours : les interactions cliniquement pertinentes sont rares avec les vaccins standards. Prudence chez les patient·e·s sous traitement immunosuppresseur (méthotrexate, biologiques, glucocorticoïdes systémiques à haute dose >20 mg d’équivalent prednisone par jour) : les vaccins vivants (ROR, varicelle, fièvre jaune) sont contre-indiqués, les vaccins inactivés sont admis mais peuvent avoir une immunogénicité réduite. Sous anticoagulants oraux (AVK, AOD), l’injection intramusculaire est possible, mais une aiguille fine et une compression douce après l’injection sont importantes – le risque d’un hématome grave est minime et ne constitue pas une contre-indication. [16]

La documentation est centrale : chaque vaccination en pharmacie est documentée dans le dossier patient, dans le carnet de vaccination (numérique ou papier) et – lorsque le canton l’exige – dans un système cantonal. La documentation électronique, p. ex. via viavac.ch, devient progressivement la norme.

Outil pratique : situations de conseil, techniques EM et formulations

Situation de conseilTechnique EM recommandéeFormulation concrèteRemarques / tarif
En quête de confirmation (1–2 min.)Affirmation + brève confirmation professionnelle«C’est bien que vous suiviez la recommandation. La vaccination est correcte selon le plan.»Conseil standard au comptoir, remboursé dès 2027 si conforme au plan
Incertain / indécis (5–10 min.)OARS + échelle d’importance«Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus dans cette vaccination ?» – «Sur 0–10, quelle importance cela aurait-il ?»Principal champ d’application de l’EM ; preuves : PROMOVAC −40 % de réticence [5]
Refus sélectif (5–10 min.)OARS différencié, écoute réflexive«Vous faites une distinction entre les vaccinations – qu’en est-il de celle-ci en particulier ?»Identifier les arguments spécifiques ; ne pas répondre de manière globale
Refus de principe (2–3 min.)Respect de l’autonomie, question ouvrant la porte«Je respecte votre décision. Quelle information serait pour vous une information que vous prendriez au sérieux ?»Garder le conseil court, documenter ; pas de tentatives de conversion
Peur post-Covid de la fatigue (grippe)Écoute réflexive + différenciation technologique«Trois semaines de fatigue, c’est une expérience très désagréable. Les vaccins antigrippaux sont conçus autrement que ceux à ARNm – puis-je vous l’expliquer brièvement ?»La différenciation technologique est un besoin très fréquent après le Covid
Scepticisme HPV chez les parents de garçonsQuestion ouverte + correction factuelle en douceur«Qu’est-ce qui est important pour vous concernant votre fils ?» – Depuis le 1.1.2024 vaccination de base aussi pour les garçons, 80–180 cas de cancer évitables/an en CH [9]Malentendu fréquent «vaccination pour filles» ; vaccination HPV possible en pharmacie dans 18 cantons
Peur de la vaccination du nourrissonOARS, préservation de l’autonomie, contextualisation réaliste«Vous vous posez des questions – cela fait partie d’une bonne décision parentale.» – «Qu’est-ce qui vous préoccupe concrètement dans le moment des 9 mois ?»1re dose de ROR à 9 mois depuis 2019 ; taux CH à 2 doses à 2 ans 91 % [15]
Senior avec comorbidité à risqueÉchelle d’importance, activer une histoire personnelle«Quelle importance aurait pour vous d’éviter une pneumonie grave ?» – «Qu’est-ce qui vous fait dire ce chiffre ?»Pneumocoques / VRS (selon canton) / grippe ; classement du risque selon le plan 2026 [7]
Conseil vaccinal aux voyageursOARS + information concrète«Où voyagez-vous, et pour combien de temps ? Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus ?»MEVE, hépatite A/B, rappel tétanos ; prestation d’officine dans de nombreux cantons

Perspectives 2026/2027

Trois évolutions marqueront le conseil vaccinal en officine suisse dans les prochaines années.

Premièrement : la révision de la LAMal du 21 mars 2025, avec l’activation probable de la prise en charge obligatoire des vaccinations en pharmacie au 1er janvier 2027, augmentera massivement le recours – pharmaSuisse s’attend à un doublement. [3,10] Cela exige structurellement une mise à niveau de l’officine : davantage de locaux pour le conseil vaccinal, du personnel formé (certificat de capacité FPH ou diplôme dès 2022), un équipement d’urgence, une infrastructure de documentation. Mais cela exige aussi une mise à niveau du conseil lui-même – le format du comptoir avec une question brève et une réponse rapide ne suffit plus. Un conseil conforme à l’EM exige 5 à 10 minutes de temps non perturbé par patient·e.

Deuxièmement : le plan de vaccination suisse 2026 (publié en février 2026) et l’annonce de la disparition des factsheets dès 2026 [7] déplacent davantage la charge d’information et de conseil vers les points d’accès à bas seuil – pharmacies, médecins de famille, services de santé scolaire. Les ressources numériques Infovac (infovac.ch) et le bulletin de l’OFSP deviennent plus centrales. Les pharmacies devraient avoir un abonnement combiné viavac®/InfoVac comme standard au sein de l’équipe (proposé par pharmaSuisse au prix préférentiel de CHF 103.–). [11]

Troisièmement : l’assistance en pharmacie est de plus en plus associée à la réalisation des vaccinations. Depuis la pandémie de Covid, plusieurs cantons ont autorisé les assistant·e·s en pharmacie à vacciner sous la supervision d’un pharmacien, pour autant qu’ils aient suivi une formation continue spécifique. Cette délégation peut désamorcer la pénurie de pharmaciens certifiés FPH et permettre la montée en puissance des vaccinations en pharmacie dès 2027. [17]

Le conseil en cas de réticence vaccinale n’est plus, en 2026, une discipline marginale. Il est – aux côtés du conseil OTC aigu, de l’analyse de la médication et de la promotion de l’adhésion – l’une des compétences cliniques centrales qui marqueront l’officine suisse ces prochaines années. Qui la maîtrise façonne non seulement son propre tarif, mais aussi la réalité des soins en Suisse.

Vignette clinique

Mme S., 38 ans, mère d’un fils de 13 ans, entre à l’officine un mercredi après-midi à 16h30. Elle tient une lettre de la médecin scolaire : recommandation de vaccination HPV. Elle dit : «En fait je ne veux pas. Mon fils est un garçon. Et j’ai lu que des filles développent des maladies auto-immunes après la vaccination HPV. Pouvez-vous me dire brièvement ce que vous en pensez ?»

La pharmacienne prend son temps. Elle invite Mme S. à la table de conseil dans l’arrière-salle. Elle ouvre le dossier patient du fils (enregistré dans l’ordinateur, la famille étant cliente fidèle). Elle ne dit pas : «Mais la vaccination HPV est sûre.» Elle dit : «Que souhaitez-vous décider pour votre fils – et qu’est-ce qui compte le plus pour vous là-dedans ?»

Mme S. raconte. Pendant trois minutes. Elle a lu un article sur une page Facebook évoquant de jeunes filles tombées malades après la vaccination HPV – POTS, syndrome de fatigue chronique, sclérose en plaques. Elle connaît dans son entourage une personne dont la fille est «changée depuis la vaccination». Elle sait que la vaccination est recommandée par l’école, mais elle veut mieux comprendre le niveau de sécurité.

La pharmacienne fait ce que les manuels d’EM appellent reflective listening. Elle dit : «Vous voulez donc savoir surtout deux choses. Premièrement, si la vaccination a un sens pour votre fils, en tant que garçon. Et deuxièmement, si les données de sécurité sont fiables, parce que vous avez entendu parler de dommages concrets. Ai-je bien compris ?»

Mme S. acquiesce. Quelque chose se détend dans son attitude. Elle a été comprise.

La pharmacienne passe maintenant – et seulement maintenant – à la réponse professionnelle. Elle dit, de manière factuelle et brève : «Depuis le 1er janvier 2024, la vaccination HPV est en Suisse une vaccination de base aussi pour les garçons de 11 à 14 ans, avec un schéma à 2 doses – comme pour les filles. Entre 15 et 19 ans, elle est recommandée en rattrapage avec un schéma à 3 doses (ou, en alternative, 2 doses hors indication). [9] La raison de la recommandation chez les garçons est que les virus HPV peuvent provoquer chez les hommes différents cancers – cancer de l’anus, du pénis et surtout de la bouche et du pharynx. Estimations pour la Suisse : 80 à 180 cas de cancer évitables par an chez les hommes. Chez les femmes, il s’agit des 300 cas par an connus de plus longue date, avant tout le cancer du col de l’utérus.»

Elle marque une pause. Laisse de l’espace. Mme S. demande : «Et les histoires d’auto-immunité ?»

La pharmacienne dit : «C’est une question très sérieuse. La revue systématique de Phillips et collaborateurs dans la revue Drug Safety en 2018 a analysé 109 études, dont 15 études populationnelles portant sur plus de deux millions et demi de personnes vaccinées dans six pays. [14] Dans aucun de ces jeux de données on n’a trouvé d’indice cohérent d’un risque accru de maladies auto-immunes, de complications neurologiques ou d’autres événements graves. Ce qui existe, ce sont des cas isolés survenus dans le temps après la vaccination – ce n’est pas la même chose qu’un lien de causalité. L’analyse statistique doit montrer si ces cas surviennent plus souvent qu’en l’absence de vaccination. Cela a été examiné à plusieurs reprises, et l’effet est absent.»

Elle marque de nouveau une pause. «Si vous le souhaitez, je peux vous remettre une fiche d’information d’une page d’Infovac, qui aborde exactement cette question.»

Mme S. réfléchit. «Je prends la fiche. Mon fils n’est pas là, et de toute façon je veux en parler avec mon mari. Pouvons-nous reporter le rendez-vous de vaccination à la semaine prochaine ?»

La pharmacienne acquiesce. «Bien sûr. La recommandation de la médecin scolaire n’est pas urgente. Si vous venez la semaine prochaine ou dans deux semaines, nous nous reverrons. Vous pouvez réserver le rendez-vous en ligne ou simplement passer sans annonce. Si vous avez des questions entre-temps – voici mon numéro.»

Mme S. repart avec la fiche. Elle ne paraît pas convaincue, mais elle ne paraît pas non plus rejetée. Ce n’est pas la fin de l’histoire ; c’en est le début. Trois semaines plus tard, elle est de retour, avec son fils, pour la première dose de HPV.

Trois enseignements du cas

  1. L’EM ne remplace pas les données. Mais l’EM crée l’espace dans lequel les données peuvent être entendues.
  2. La pharmacienne n’a pas convaincu. Elle a créé une condition dans laquelle Mme S. a pu parvenir elle-même à une décision informée. C’est la différence décisive entre un entretien de vente et un conseil.
  3. Trois semaines constituent un délai adéquat, souvent absolument nécessaire, pour les décisions vaccinales dans le groupe ambivalent. L’officine doit pouvoir le supporter – et, avec son point de contact à bas seuil et récurrent, elle est parfaitement positionnée pour cela.

En bref

  • La réticence vaccinale n’est pas un oui/non, mais un spectre – les données suisses montrent : 7 % de critiques déclarés, environ 60 % d’indécis, le groupe intermédiaire étant la cible centrale du conseil. [1]
  • L’entretien motivationnel (EM) est la méthode de conseil la mieux étayée par les preuves face à la réticence vaccinale : partenariat, acceptation, empathie, autonomie ; OARS (open questions, affirmations, reflective listening, summaries) ; échelle d’importance ; suppress the righting reflex.
  • L’étude PROMOVAC montre une réduction de 40 % de la réticence vaccinale grâce à une intervention EM de 15 minutes ; l’étude MOTIVE en pharmacie 2024 montre 35 % de décisions vaccinales immédiates chez des patient·e·s réticents. [5,6]
  • Plan de vaccination suisse 2026 (publ. février 2026) : vaccination maternelle contre le VRS nouvelle, mise à jour pneumocoques, HPV pour les garçons vaccination de base depuis 2024, objectif de couverture HPV relevé à 90 %. [7,9]
  • Révision de la LAMal du 21.3.2025 → dès le 1.1.2027 vraisemblablement : la prestation vaccinale du pharmacien (acte vaccinal + vaccin) devient remboursable, pour autant que la vaccination suive le plan de vaccination suisse ; 74 % des Suisses se feraient vacciner en pharmacie à cette condition. [3,10]
  • Conditions de la vaccination en pharmacie en Suisse : certificat de capacité FPH «Vacciner et prélever du sang» ou diplôme fédéral dès 2022, certificat BLS-AED, autorisation cantonale. [11,16]
Références
  1. Bundesamt für Gesundheit BAG (Hrsg.). Schlussbericht Impfkompetenz der Bevölkerung in der Schweiz 2024. Bern: BAG; 2025. (51 % der Bevölkerung mit Schwierigkeiten bei Impf-Informationsverarbeitung; 7 % dezidierte Impfkritiker:innen; 60 % unentschieden; 22 % Anstieg bei Verunsicherten seit 2018.)
  2. Wellcome Global Monitor (Hrsg.). How does the world feel about science and health? London: Wellcome Trust; 2018. (Schweiz 22 % «Impfstoffe nicht sicher» – Rang 2 in Europa nach Frankreich.) Ergänzend: Sotomo-/SRG-Corona-Monitor 2020–2021 mit detaillierter Schweizer Impfbereitschafts-Differenzierung post-Covid.
  3. Schweizerisches Parlament. Revision des Bundesgesetzes über die Krankenversicherung (KVG), zweites Massnahmenpaket zur Kostendämpfung. Schlussabstimmung 21. März 2025; voraussichtliches Inkrafttreten 1. Januar 2027. Neue OKP-Leistungen für Apotheken: Impfen (Impfakt und Impfstoff), Medikationsanalyse, Medikationsabgleich, Therapieoptimierung, Adhärenzförderung (myCare Start), HPV/Darmkrebs-Screening. pharmaSuisse Medienmitteilung 21. März 2025.
  4. WHO SAGE Working Group on Vaccine Hesitancy. Report of the SAGE Working Group on Vaccine Hesitancy. Geneva: WHO; 2014. (Definition Vaccine Hesitancy als Spektrum; 3C-Modell: Confidence, Complacency, Convenience.) Ergänzend: WHO Ten threats to global health 2019.
  5. Gagneur A, Lemaître T, Gosselin V, Farrands A, Carrier N, Petit G, Valiquette L, De Wals P. A postpartum vaccination promotion intervention using motivational interviewing techniques improves short-term vaccine coverage: PromoVac study. BMC Public Health. 2018;18(1):811. DOI: 10.1186/s12889-018-5724-y. (Hauptpublikation der PROMOVAC-Strategie in Quebec; 15-Minuten-MI-Intervention im postpartalen Setting; n=2'800 Familien in vier Geburtshäusern; signifikante Erhöhung der Säuglings-Durchimpfung mit 7 Monaten von 74 % auf 80 %, Reduktion der parentalen Apprehension von 16 % auf 5 %.) Ergänzend für Langzeit-Coverage: Lemaitre T, Carrier N, Farrands A, Gosselin V, Petit G, Gagneur A. Impact of a vaccination promotion intervention using motivational interview techniques on long-term vaccine coverage: the PromoVac strategy. Hum Vaccin Immunother. 2019;15(3):732–739. Übersichtsartikel zum MI-Tool: Gagneur A. Motivational interviewing: a powerful tool to address vaccine hesitancy. Can Commun Dis Rep. 2020;46(4):93–97.
  6. Chen AMH, Anthony A, Balogun A, Pereira R, Cole JW. The Impact of Motivational Interviewing and MOTIVE Tool Use by Pharmacists on Vaccine Acceptance. Pharmacy (Basel). 2024;12(4):114. DOI: 10.3390/pharmacy12040114. (n=362 Apotheken-Encounter in acht US-Apotheken; primäre Skepsisgründe: Sicherheit 39 %, Versorgungskoordination 31.5 %, Wirksamkeit 30.4 %; unmittelbarer Impfentscheid bei 35.4 %, geplanter Impfentscheid bei 26 %.)
  7. Eidgenössische Kommission für Impffragen EKIF, Bundesamt für Gesundheit BAG. Schweizerischer Impfplan 2026. Bern: BAG; Februar 2026. (Wichtigste Neuerungen: RSV-maternale Impfung, aktualisierte Pneumokokken-PCV-Empfehlung, aktualisierte serologische Korrelate, Impfprinzipien für neuroimmunologische Erkrankungen; Wegfall der Factsheets ab 2026.)
  8. EKIF. Aktualisierte Stellungnahme zu verschieden-valenten Konjugatimpfstoffen (PCV) pro Altersgruppe. 23. Februar 2026. (Konkretisierung der PCV-Empfehlung für Kinder < 5 Jahre, Risikogruppen 5–17 Jahre, Senior:innen ≥ 65 Jahre.)
  9. EKIF / BAG. Stellungnahme zur HPV-Impfung. Bull BAG 2024;Nr. 3:22–29. (HPV-Impfung als Basisimpfung für Jungen 11–19 Jahre seit 1.1.2024; Schweizer Durchimpfung 16-Jährige 2020–2022: Mädchen 71 %, Jungen 49 %; Schätzung 300 vermeidbare Krebsfälle/Jahr bei Frauen, 80–180 bei Männern; Anhebung Impfziel von 80 % auf 90 % konform WHO Cervical Cancer Elimination Strategy.) Infovac/BAG-Factsheet HPV 2024.
  10. pharmaSuisse, Schweizerischer Apothekerverband. Fakten und Zahlen der Schweizer Apotheken 2025. Bern–Liebefeld: pharmaSuisse; 2025. (7'341 Apothekerinnen und Apotheker mit Berufsausübungsbewilligung per 31.12.2024; 25 % der Bevölkerung hat sich schon in Apotheke impfen/beraten lassen; Interesse 50 %; bei OKP-Deckung würden 74 % in Apotheke impfen lassen.)
  11. pharmaSuisse. Impfen und Impfberatung – Erlaubte Impfungen in der Apotheke nach Kantonen (Stand 10. März 2026). Verfügbar unter: pharmasuisse.org. Ergänzend: impfapotheke.ch (öffentliche Verzeichnisseite der Schweizer Impfapotheken); viavac.ch / Infovac (elektronisches Impfausweissystem; Kombi-Abonnement viavac®/InfoVac über pharmaSuisse CHF 103.– pro Jahr).
  12. Miller WR, Rollnick S. Motivational Interviewing: Helping People Change. 3rd ed. New York: Guilford Press; 2013. (Standardwerk MI; Spirit-Konzept Partnerschaft–Akzeptanz–Mitgefühl–Evokation; OARS-Techniken.)
  13. Kubes SE, et al. From vaccine hesitancy to vaccine motivation: A motivational interviewing based approach to vaccine counselling. Hum Vaccin Immunother. 2024;20(1):2391625. DOI: 10.1080/21645515.2024.2391625. (Übersichtsartikel mit konkreten Skill-Beispielen für die Impfberatung; Importance-Confidence-Skala; Change Talk.)
  14. Phillips A, Patel C, Pillsbury A, Brotherton J, Macartney K. Safety of Human Papillomavirus Vaccines: An Updated Review. Drug Saf. 2018;41(4):329–346. DOI: 10.1007/s40264-017-0625-z. (Systematische Übersicht zu 2vHPV-, 4vHPV- und 9vHPV-Impfstoffsicherheit; 109 Studien ausgewertet, davon 15 populationsbasierte Studien in über 2.5 Millionen geimpften Personen aus sechs Ländern; «no consistent evidence of an increased risk of any AESI, including demyelinating syndromes or neurological conditions such as complex regional pain or postural orthostatic tachycardia syndromes».) Ergänzend: Arnheim-Dahlstrom L, Pasternak B, Svanstrom H, Sparen P, Hviid A. Autoimmune, neurological, and venous thromboembolic adverse events after immunisation of adolescent girls with quadrivalent HPV vaccine in Denmark and Sweden: cohort study. BMJ. 2013;347:f5906.
  15. Bundesamt für Gesundheit BAG. Masern – Übertragbare Krankheiten. Bern: BAG; März 2025. (Schweizer Masernfälle 2024: 87 vs. 26 in 2023, 0 in 2021/22; 2-Dosen-Durchimpfung 2-Jährige 91 %; Schwellenwert Herdenimmunität 95 % noch nicht erreicht.) Ergänzend: Infovac. Masern – Krankheit und Impfstoff. März 2026.
  16. Gesundheits-, Sozial- und Integrationsdirektion Kanton Bern. Merkblatt: Impfen in öffentlichen Apotheken. DI 0421-02, Version 04, gültig ab 1. März 2024. (Triage-Fragebogen, Räumlichkeiten, Notfall-Equipment, BLS-AED-Zertifikat, Pharma-Assistenz unter Aufsicht.) Ergänzend: FPH Offizin. Fähigkeitsausweis FPH Impfen und Blutentnahme.
  17. pharmaSuisse. Impfen in der Apotheke durch Pharma-Assistentinnen und Pharma-Assistenten. Konsultationsdokument. Bern: pharmaSuisse; 2023. (Voraussetzungen für die Pharma-Assistenz-Impfung unter Apotheker:innen-Aufsicht; während Covid-Pandemie in mehreren Kantonen erlaubt; perspektivische Skalierung ab 2027.)
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Rosa Berg

Autorin/Autor bei Dispensio.

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