Phytothérapie dans les infections respiratoires : conseil fondé sur les preuves
Les infections respiratoires aiguës sont le plus souvent d'origine virale, les antibiotiques souvent non indiqués. Face à la hausse de la consommation d'antibiotiques et aux ruptures d'approvisionnement, le conseil fondé sur les preuves en officine devient de plus en plus important. Cet article éclaire l'état actuel des données et l'emploi pratique de phytothérapeutiques comme le Pelargonium, l'échinacée et le cinéole dans le cadre de l'antibiotic stewardship.

Points clés
- Les infections respiratoires aiguës sont le plus souvent virales ; la phytothérapie est une option standard fondée sur les preuves.
- Pelargonium sidoides, Echinacea purpurea et le 1,8-cinéole disposent de bonnes données pour la bronchite aiguë, le refroidissement et la rhinosinusite.
- Le conseil en officine est central pour l’antibiotic stewardship et exige la connaissance des indications et des signes d’alerte.
- La plupart des phytothérapeutiques relèvent de l’automédication ; certaines préparations sont remboursées (liste des spécialités), ce dont il faut tenir compte dans le conseil.
Dans le secteur ambulatoire, la Suisse consomme 9,4 doses quotidiennes définies d’antibiotiques pour 1000 habitants et par jour (DID), une hausse par rapport au creux de la période Covid (7,3 DID en 2021). Plus de 30 pour cent de ces prescriptions concernent des affections des voies respiratoires supérieures, où les antibiotiques ne sont pas indiqués dans la grande majorité des cas. [1,2] Parallèlement, près de 600 préparations n’étaient pas livrables en Suisse fin 2025, dont de nombreux antibiotiques. [3] L’officine, instance de conseil de proximité pour l’automédication symptomatique – et pour la vérification de l’indication fondée sur les preuves –, devient ainsi plus importante que jamais. Les phytothérapeutiques jouent dans cette configuration un rôle central : non comme substitut là où les antibiotiques sont indiqués, mais comme option efficace et sûre pour le traitement symptomatique de l’infection respiratoire virale aiguë.
En un coup d'œil
- Les infections respiratoires aiguës sont à plus de 90 % virales ; les antibiotiques ne sont pas indiqués dans la grande majorité des cas. La stratégie suisse contre les résistances aux antibiotiques (StAR) et le plan d’action One Health 2024–2027 visent une stabilisation de la consommation ambulatoire (actuellement 9,4 DID, valeur cible ≤10,2 DID) et la réduction des grandes différences régionales (Suisse alémanique 7,8 DID contre Suisse romande 13,1 DID). [1,2]
- Pelargonium sidoides (EPs 7630, Kaloba/Umckaloabo) : usage traditionnel HMPC (révision 2, 29.5.2024 ; extension aux enfants dès 3 ans) ; la revue Cochrane 2013 et des méta-analyses montrent une réduction des symptômes dans la bronchite aiguë (réduction du BSS de 2,80 points par rapport au placebo). [4,5,6]
- Echinacea purpurea : usage bien établi HMPC (radix) ; Cochrane 2014 avec des données mitigées, nouvelle méta-analyse 2025 chez l’enfant avec une réduction significative des prescriptions d’antibiotiques (RR 0,18 ; IC à 95 % 0,13–0,25). [7,8]
- 1,8-cinéole (eucalyptol) : plusieurs ECR contrôlés contre placebo dans la bronchite aiguë, la rhinosinusite non purulente et l’exacerbation de BPCO ; mucolytique, anti-inflammatoire, bronchodilatateur. [9,10,11]
- Réalité tarifaire suisse : la plupart des phytothérapeutiques pour les infections respiratoires relèvent de l’automédication (catégorie de remise D) ; certaines préparations (p. ex. les comprimés EchinaMed et le spray pour la gorge d’A. Vogel) figurent sur la liste des spécialités et sont donc remboursées par l’assurance obligatoire sur ordonnance médicale. [12]
Contexte clinique
Les infections aiguës des voies respiratoires supérieures (uRTI) – rhinosinusite aiguë, pharyngite, bronchite aiguë – comptent parmi les motifs de consultation les plus fréquents en médecine de famille et parmi les occasions de conseil les plus fréquentes en officine. L’étiologie est virale dans plus de 90 % des cas. Les antibiotiques ne sont pas indiqués, à quelques exceptions près (sinusite bactérienne avérée avec complications, pharyngite à streptocoque du groupe A avec des signes cliniques univoques, surinfection bactérienne dans les populations à risque). [1,2]
En Suisse, la consommation ambulatoire d’antibiotiques a de nouveau nettement augmenté après le creux de la période Covid : 9,4 DID en 2023 contre 7,3 DID en 2021. Ces 9,4 DID restent inférieurs à la moyenne européenne (moyenne UE 2022 : 17,0 DID), mais la croissance est claire : 87 pour cent de la consommation ont lieu en pratique ambulatoire. Chez les médecins de famille, 30 pour cent des prescriptions d’antibiotiques concernent des affections des voies respiratoires supérieures, 28 pour cent supplémentaires des infections urinaires. [2] Les différences régionales sont importantes : la Suisse alémanique se situe à 7,8 DID, la Suisse romande à 13,1 DID, le Tessin à 12,4 DID.
La stratégie suisse contre les résistances aux antibiotiques (StAR) est mise en œuvre depuis 2015 ; le plan d’action One Health 2024–2027 a été adopté par le Conseil fédéral le 26 juin 2024. [1] La Société suisse d’infectiologie (SSI) publie des recommandations de prescription fondées sur les preuves pour le traitement des infections les plus fréquentes (ssi.guidelines.ch) ; l’Institut bernois de médecine de famille (BIHAM) a développé des aides à la décision partagée en matière d’antibiotiques ; le projet ASAP (Antimicrobial Stewardship in Ambulatory care Platform) a été lancé en 2023. [13,14] En 2025, le Conseil fédéral a en outre engagé la voie législative pour la remise unitaire d’antibiotiques – un projet mis en consultation est annoncé d’ici fin 2026, la remise unitaire devant être contraignante pour les pharmacies et facultative pour les cabinets médicaux. [15]
Dans cette configuration, la phytothérapie est un élément cliniquement et politiquement pertinent du conseil. Plusieurs principes actifs végétaux disposent, pour les infections respiratoires virales aiguës, d’un classement HMPC établi ou traditionnel ainsi que de données d’essais randomisés contrôlés. L’usage contrôlé des phytothérapeutiques dans la bronchite aiguë et les syndromes de refroidissement n’est donc pas une alternative « plus douce », mais une démarche standard fondée sur les preuves, explicitement prise en compte dans les recommandations européennes d’antibiotic stewardship. [16]
Pelargonium sidoides (EPs 7630, Kaloba / Umckaloabo)
Pelargonium sidoides (géranium du Cap, extrait de racine EPs 7630) est disponible en Suisse sous les noms de marque Kaloba et Umckaloabo, en gouttes, pastilles et comprimés pelliculés (catégorie de remise D). L’extrait de racine hydro-alcoolique contient des coumarines, des phénols simples et des polyphénols contenant des proanthocyanidines.
Indication et profil d’action : la monographie HMPC de l’EMA a été adoptée le 29 mai 2024 en révision 2 (EMA/HMPC/648100/2022). [4] Elle classe Pelargonium sidoides comme médicament traditionnel à base de plantes (usage traditionnel), avec pour domaines d’application le soulagement des symptômes de la bronchite aiguë et des refroidissements. La révision 2 étend la population cible au niveau HMPC de l’UE aux enfants dès 3 ans (auparavant dès 6 ans), sur la base de données de sécurité concernant plus de 1600 enfants de 3 à 5 ans issus du programme de développement clinique. En Suisse, Kaloba et Umckaloabo étaient déjà auparavant autorisés par Swissmedic dès 2 ans.
Données disponibles : la revue Cochrane de Timmer et collaborateurs (2013) résume plusieurs études randomisées sur Pelargonium sidoides dans les infections respiratoires aiguës. [5] La méta-analyse d’Agbabiaka et collaborateurs (Phytomedicine 2008) montre, pour la bronchite aiguë chez l’adulte, une amélioration du Bronchitis Severity Score (BSS) par rapport au placebo après sept jours de traitement de 2,80 points en moyenne (IC à 95 % 2,44–3,15). Une méta-analyse ultérieure (Matthys et al. 2016) documente en outre une réduction significative de la durée d’incapacité de travail de 1,73 jour en moyenne par rapport au placebo. [6] Cochrane qualifie la qualité des preuves de « faible » pour la bronchite aiguë et de « très faible » pour la rhinosinusite aiguë et le refroidissement – hétérogénéité méthodologique, études majoritairement financées par les fabricants.
Connaissances mécanistiques 2024 : un article de synthèse récent dans Frontiers in Pharmacology (Cinatl et al., 2024) décrit plusieurs mécanismes antiviraux et immunomodulateurs d’EPs 7630, dont l’inhibition de la réplication du SARS-CoV-2 in vitro, la stimulation de la fréquence des battements ciliaires et la modulation de l’immunité innée. [17] Ces mécanismes expliquent le large spectre d’indications cliniques, mais ne remplacent pas les données cliniques.
Posologie pratique (HMPC) : adultes et adolescents ≥12 ans : 30 gouttes 3× par jour ; enfants de 6 à 12 ans : 20 gouttes 3× par jour ; enfants de 3 à 5 ans (nouveau depuis la révision 2 HMPC) : 10 gouttes 3× par jour. Durée de traitement typique de 7 à 10 jours. En Suisse, la posologie du Compendium commence dès 2 ans (5 gouttes 3× par jour) ; les posologies 6–12 ans et ≥12 ans correspondent au HMPC.
Echinacea purpurea (Echinaforce, EchinaMed)
Echinacea purpurea (échinacée pourpre, Astéracées) est de loin la substance phytothérapeutique la plus utilisée en Suisse pour les symptômes de refroidissement. La préparation principale est Echinaforce (A. Vogel), un extrait éthanolique de 95 % de partie aérienne fleurie et de 5 % de racine ; la liste des spécialités comprend les préparations sœurs comprimés EchinaMed et spray pour la gorge EchinaMed (combinaison avec la sauge). [12,18]
Classement HMPC : la monographie de l’EMA classe Echinacea purpurea radix en usage bien établi pour la prévention et le traitement des refroidissements (EMA/HMPC/424583/2016), et Echinacea purpurea herba recens en usage traditionnel (EMA/HMPC/48704/2014). La monographie de la Commission E et l’ESCOP retiennent des indications comparables. [19,20]
Données – Cochrane 2014 : la revue systématique de Karsch-Völk et collaborateurs (Cochrane Database Syst Rev 2014) a analysé 24 études en double aveugle totalisant 4631 participants. [8] En raison d’une hétérogénéité considérable des préparations d’échinacée utilisées (espèces, parties de plante et méthodes d’extraction différentes), les auteurs ont renoncé à une analyse principale groupée. Ils concluent que les extraits alcooliques et les jus pressés à base des parties aériennes d’E. purpurea peuvent avoir des effets favorables sur les symptômes de refroidissement chez l’adulte, mais que les preuves d’effets thérapeutiques cliniquement pertinents sont faibles.
Nouvelle méta-analyse 2025 chez l’enfant : une revue systématique et méta-analyse publiée en avril 2025 (Complementary Therapies in Medicine, 9 ECR avec n=3169) montre pour Echinacea purpurea, dans les uRTI pédiatriques, une réduction de la durée de traitement (SMD −0,19), de l’incidence (RR 0,81, IC à 95 % 0,75–0,87) et – ce qui est cliniquement particulièrement pertinent – de la consommation d’antibiotiques de plus de 80 pour cent (RR 0,18, IC à 95 % 0,13–0,25). [7] Les événements indésirables étaient légèrement accrus (RR 1,38).
Réalité suisse de la prise en charge : Echinaforce ne figure pas sur la liste des spécialités et relève donc de la pure automédication. Les comprimés EchinaMed et le spray pour la gorge EchinaMed sont en revanche remboursés (sur ordonnance médicale), ce qui peut être pertinent chez les patient·e·s à risque ou en cas d’infections récidivantes. [12] Les assurances complémentaires de médecine complémentaire couvrent, chez la plupart des grands assureurs suisses, 75 à 90 pour cent des coûts de phytothérapie.
Contre-indications et prudence : l’échinacée est contre-indiquée en cas d’allergie aux Astéracées. Pour des raisons théoriques, les préparations d’échinacée ne sont pas recommandées en cas de maladies systémiques progressives comme la tuberculose, les leucoses, les collagénoses, la sclérose en plaques, le sida, l’infection par le VIH et d’autres maladies auto-immunes, ni sous traitement immunosuppresseur – cette précaution ne repose pas sur des signaux de dommages documentés, mais sur le mécanisme d’action immunomodulateur.
1,8-cinéole (eucalyptol, Soledum forte)
Le 1,8-cinéole (eucalyptol, principal composant de l’huile essentielle d’eucalyptus, 77–84 %) est un oxyde monoterpénique aux effets mucolytique, anti-inflammatoire, bronchodilatateur et antimicrobien documentés. En Suisse, le 1,8-cinéole est disponible surtout sous forme de capsules molles gastro-résistantes (Soledum forte, Bronchoforton).
Données disponibles : trois études randomisées contrôlées contre placebo sont particulièrement pertinentes :
Fischer et Dethlefsen (Cough 2013) ont étudié 242 patient·e·s atteints de bronchite aiguë dans une étude en double aveugle contrôlée contre placebo. Le groupe traité par 200 mg de cinéole trois fois par jour a montré, après quatre jours de traitement, une réduction significativement plus importante du Bronchitis Sum Score par rapport au placebo (p = 0,0383). [9]
Kehrl, Sonnemann et Dethlefsen (Laryngoscope 2004) ont testé le cinéole chez 152 patient·e·s atteints de rhinosinusite aiguë non purulente et ont observé une amélioration plus rapide des symptômes par rapport au placebo. [10]
Worth, Schacher et Dethlefsen (Respiratory Research 2009) ont montré, dans une étude en double aveugle chez 242 patient·e·s BPCO recevant 200 mg de cinéole trois fois par jour pendant six mois, une réduction du taux moyen d’exacerbations. [11]
Une revue systématique récente de 2025 (Laryngoscope Investig Otolaryngol) confirme les données en faveur du 1,8-cinéole dans la rhinosinusite aiguë par rapport au placebo et à des comparateurs phytothérapeutiques. [21]
Posologie pratique : dose standard de 200 mg 3× par jour, au moins 30 minutes avant les repas, pendant 4 à 10 jours dans la bronchite aiguë. Non recommandé chez les enfants de moins de 12 ans (risque d’aspiration avec les préparations liquides d’eucalyptus). En inhalation, extrême prudence chez les enfants de moins de 2 ans en raison du risque de laryngospasme.
Association thym–lierre (Bronchipret)
Le thym (Thymus vulgaris) et le lierre grimpant (Hedera helix) sont fréquemment employés en Suisse en association fixe ; la marque la plus connue est Bronchipret en sirop et en gouttes (BNO 1200, fabriqué par Bionorica). Le thym a une action antimicrobienne (thymol, carvacrol), spasmolytique et sécrétomotrice ; le lierre contient des saponines aux effets expectorant et bronchodilatateur.
Données disponibles : l’étude de phase IV de Kemmerich (Drug Res 2007, n=361) montre pour l’association fixe thym–lierre, par rapport au placebo, une réduction significative des quintes de toux et du Bronchitis Severity Score sur 11 jours de traitement. [22] Une étude d’observation suisse menée en officine (Kruttschnitt et al. 2020, n=139) a confirmé l’efficacité d’une monopréparation de lierre (EA 575) par rapport à l’acétylcystéine. [23]
Monopréparation d’Hedera helix : la revue systématique actualisée de Holzinger et Chenot (Eur J Clin Pharmacol 2021) analyse 6 ECR, 1 essai contrôlé et 4 études d’observation et conclut : les préparations de lierre sont sûres d’emploi contre la toux due à une uRTI aiguë et à la bronchite, les effets sont au mieux minimes et de pertinence clinique incertaine. [24] Cette appréciation doit être communiquée avec transparence lors du conseil.
Posologie pratique du sirop Bronchipret : adultes et adolescents : 5,4 ml 3× par jour ; enfants de 6 à 11 ans : 4,0 ml 3× par jour ; enfants de 2 à 5 ans : 3,2 ml 3× par jour. La forme en gouttes contient de l’alcool – privilégier le sirop chez l’enfant.
Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)
Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est traditionnellement utilisé en cas d’irritation de la muqueuse buccale et pharyngée et de la toux sèche irritative associée. La monographie HMPC classe les feuilles de plantain lancéolé en usage traditionnel (EMA/HMPC/437858/2010 Corr.). [25] L’effet repose sur des mucilages qui forment un film protecteur sur les muqueuses, ainsi que sur des glycosides iridoïdes (aucuboside, catalpol) à activité anti-inflammatoire et antimicrobienne.
En Suisse, le plantain lancéolé est disponible dans de nombreux remèdes contre la toux : jus pressé de plante fraîche, sirop, bonbons et produits combinés (p. ex. Drosinula d’A. Vogel, en association avec la rossolis). Les bonbons et pastilles au plantain lancéolé sont une recommandation judicieuse en cas de toux sèche irritative et de maux de gorge avec irritation muqueuse – avec la réserve qu’il s’agit de préparations d’usage traditionnel, dont l’effet s’exerce localement sur la muqueuse. En cas de toux irritative marquée, la racine de guimauve (Althaea officinalis radix, usage traditionnel HMPC, EMA/HMPC/436680/2015) est également une option bien documentée ; ses mucilages (polysaccharides) forment un film protecteur muqueux comparable. Les préparations suisses contiennent de la racine de guimauve p. ex. dans les sirops contre la toux de Phytopharma ainsi que dans des préparations combinées avec le plantain lancéolé.
Sauge et maux de gorge
En cas de pharyngite aiguë sans indices de tonsillopharyngite à streptocoques (score de Centor 0–2, pas de fièvre, pas d’exsudat, pas d’adénopathie), l’automédication symptomatique est le traitement de choix. La sauge (Salvia officinalis, usage bien établi HMPC pour l’application topique) possède des propriétés astringentes et antimicrobiennes documentées ; le spray pour la gorge EchinaMed (A. Vogel) combine extrait de sauge et échinacée et figure sur la liste des spécialités en Suisse. [12,26] Une étude comparative a montré, pour le spray sauge–échinacée, une efficacité comparable à celle d’une association chlorhexidine–lidocaïne dans la pharyngite aiguë. [27]
Réalité suisse de la prise en charge et des tarifs
La réalité suisse de la prise en charge des phytothérapeutiques dans les infections respiratoires est structurée de manière hétérogène :
Automédication (catégorie de remise D, OTC) : la grande majorité des préparations pertinentes – Kaloba et Umckaloabo (Pelargonium), Echinaforce sous toutes ses formes, Bronchipret, Soledum forte, Drosinula, bonbons et sirops au plantain lancéolé – relève de l’automédication. Le conseil se fait en officine selon les positions tarifaires correspondantes de la RBP V (contrôle de sécurité médicament, le cas échéant contrôle de sécurité patient pour la clientèle fidèle avec dossier).
Liste des spécialités (remboursée par l’assurance obligatoire) : certains phytothérapeutiques figurent sur la liste des spécialités et sont pris en charge par l’assurance obligatoire sur ordonnance médicale. Dans le domaine des infections respiratoires, il s’agit avant tout des comprimés EchinaMed (Echinacea purpurea, A. Vogel) et du spray pour la gorge EchinaMed (association sauge–échinacée, A. Vogel). [12] Cette possibilité est pertinente chez les patient·e·s atteints de bronchite chronique, en cas d’infections respiratoires récidivantes ou dans des situations sensibles aux coûts.
Phytothérapie médicale en tant que médecine complémentaire : depuis 1999 (à titre provisoire) et durablement depuis 2017, les prestations médicales de phytothérapie sont des prestations obligatoires de l’assurance de base (art. 4b OPAS). [29] La condition est un titre fédéral de spécialiste assorti d’une formation postgrade en médecine complémentaire. La Société médicale suisse de phytothérapie SMGP encadre scientifiquement ce domaine.
Assurances complémentaires : pratiquement tous les grands assureurs maladie suisses (CSS, Helsana, Sanitas, KPT, Swica, etc.) proposent, dans leurs assurances complémentaires de médecine complémentaire, des remboursements de 50 à 90 pour cent pour les phytothérapeutiques, en règle générale avec un plafond de 500 à 3000 CHF par année civile. La condition est le plus souvent une ordonnance médicale ou une prescription par une thérapeute reconnue.
Ce que l’on demande souvent au comptoir
Quatre situations de conseil typiques en officine suisse :
1. «Je tousse depuis hier – pouvez-vous me recommander quelque chose de végétal ?»
Première question : toux productive (avec expectoration) ou toux sèche irritative ? En cas de toux sèche irritative, les préparations au plantain lancéolé (sirop, bonbons) et la racine de guimauve sont judicieuses. En cas de toux productive avec symptomatologie de bronchite chez l’adulte, le choix se fait entre Pelargonium sidoides (EPs 7630 / Kaloba), l’association fixe thym–lierre (Bronchipret) et le 1,8-cinéole (Soledum forte). Les trois disposent de données d’ECR contrôlés contre placebo. Le Pelargonium est privilégié lorsqu’une composante immunomodulatrice est également souhaitée ; le cinéole en cas de toux nécessitant une expectoration et de problématique de sécrétions marquée ; l’association thym–lierre comme option bien tolérée avec une longue tradition d’emploi. En cas de persistance des symptômes au-delà de 7 à 10 jours, de fièvre élevée, d’expectorations purulentes ou sanglantes, de dyspnée ou dans les populations à risque (BPCO, immunosuppression, ≥75 ans), l’appréciation relève du médecin.
2. «Mon enfant est enrhumé et tousse depuis deux jours – ai-je besoin d’antibiotiques ?»
Chez les enfants présentant une uRTI aiguë sans signes de complication, les antibiotiques ne sont pas indiqués dans la grande majorité des cas (plus de 90 % d’origine virale). [1,2] À recommander concrètement : Pelargonium sidoides est autorisé en Suisse sous forme de gouttes Kaloba ou Umckaloabo dès 2 ans (Compendium Swissmedic) ; la monographie HMPC de l’UE a étendu sa recommandation, dans la révision 2 (29 mai 2024), aux enfants dès 3 ans (auparavant dès 6 ans). Le sirop thym–lierre (sirop Bronchipret) est autorisé dès 2 ans ; Echinacea purpurea (EchinaMed Junior, Echinaforce Junior) dès 4 ans. Une nouvelle méta-analyse de 2025 montre pour l’échinacée chez l’enfant une réduction des prescriptions d’antibiotiques de plus de 80 pour cent (RR 0,18). [7] Rendre les parents attentifs aux signes d’alerte suivants : détresse respiratoire, fièvre élevée >39 °C pendant 3 jours, difficultés à boire, dégradation nette de l’état général, persistance des symptômes au-delà de 10 jours – dans ce cas, consultation médicale.
3. «Je prends déjà du Pelargonium, et maintenant j’ai aussi mal à la gorge. Puis-je prendre les deux ?»
Les gouttes de Pelargonium sidoides agissent par voie systémique (immunomodulatrice et antivirale) ; un spray à la sauge ou à l’échinacée-sauge agit localement sur la muqueuse pharyngée. L’association ne pose pas de problème et est aussi cliniquement judicieuse. Le spray pour la gorge EchinaMed ou des pastilles à la sauge sont ici la recommandation évidente. En cas de score de Centor ≥3 (fièvre >38 °C, exsudat amygdalien, adénopathies cervicales douloureuses, absence de toux), renvoi au médecin de famille pour la recherche d’une pharyngite à streptocoques du groupe A.
4. «Suffit-il que je prenne de l’échinacée pour éviter le refroidissement ?»
Les données concernant l’échinacée en prophylaxie sont hétérogènes. La revue Cochrane 2014 n’a pas trouvé de différences statistiquement significatives sur la question « au moins un épisode de refroidissement » entre les groupes échinacée et placebo ; une étude de quatre mois publiée en 2012 (Jawad et al., n=755) avec Echinaforce a en revanche montré un effet préventif avec une réduction du nombre d’épisodes et de la durée des symptômes. [28] Communiquer honnêtement lors du conseil : l’échinacée peut éventuellement réduire légèrement la fréquence et la sévérité des refroidissements, mais ce n’est pas un mécanisme fiable d’évitement. Les mesures générales (hygiène des mains, sommeil suffisant, activité physique, alimentation équilibrée, vaccinations selon le plan de vaccination suisse) sont mieux étayées en prévention.
Sécurité, contre-indications, interactions
Pelargonium sidoides : globalement très bien toléré. Effets indésirables occasionnels : troubles gastro-intestinaux, réactions cutanées allergiques. D’anciens signaux de sécurité concernant des événements hépatotoxiques (Suède, 2011) ont été relativisés par des analyses systématiques ultérieures ; la révision 2 du HMPC du 29 mai 2024 étend explicitement la population cible aux enfants dès 3 ans. [4,30] Aucune interaction cliniquement pertinente connue avec les médicaments fréquemment prescrits.
Echinacea purpurea : les contre-indications sont l’allergie aux Astéracées, les maladies systémiques progressives (tuberculose, leucoses, collagénoses, sclérose en plaques, infection par le VIH) et les maladies auto-immunes sous traitement immunosuppresseur. [19,20] Les données sur des dommages réels dans de telles constellations sont limitées ; la recommandation de prudence est fondée sur le mécanisme, non documentée cliniquement. Pendant la grossesse, Echinacea purpurea peut être utilisée à court terme (≤7 jours) ; l’étude prospective Motherisk de Gallo et collaborateurs (Arch Intern Med 2000) a comparé 206 femmes enceintes exposées à l’échinacée à 206 témoins appariés par âge et risque, sans différences significatives concernant les malformations majeures ou d’autres issues de grossesse. Réactions allergiques ponctuelles (rarement anaphylaxie chez les personnes sensibilisées aux Astéracées).
1,8-cinéole : troubles gastriques, rarement intolérance gastro-intestinale, réactions allergiques. Prudence chez les enfants de moins de 2 ans (risque de laryngospasme en cas d’ingestion directe) ; en cas d’asthme bronchique, un bronchospasme est théoriquement possible mais n’a pas été documenté dans les études cliniques.
Potentiel d’interaction : les coumarines du Pelargonium ont parfois été discutées comme renforçant théoriquement l’effet des anticoagulants oraux ; aucune donnée clinique pertinente ne l’étaye. Chez les patient·e·s sous antivitamines K ou anticoagulants oraux directs (AOD) et recourant en parallèle à une phytothérapie fréquente, une documentation attentive dans le dossier patient est judicieuse ; les données actuelles n’imposent cependant pas de restrictions cliniques. [4,5]
Outil pratique : tableau de décision phytothérapie dans les infections respiratoires
| Tableau clinique | Recommandation de 1er choix | Niveau de preuve | Réserve |
|---|---|---|---|
| Bronchite aiguë de l’adulte, toux productive | Pelargonium sidoides ou 1,8-cinéole ou association thym–lierre | HMPC traditionnel ou bien établi, plusieurs ECR | Renvoi au médecin si persistance >10 jours, fièvre, dyspnée |
| Bronchite aiguë de l’enfant (productive) | Gouttes de Pelargonium sidoides (en CH dès 2 ans ; extension HMPC 3–5 ans depuis 5/2024) | HMPC traditionnel, ECR chez les 6–18 ans | Vérifier les signes d’alerte ; antibiotiques seulement sur indication claire |
| Toux sèche irritative | Sirop ou bonbons au plantain lancéolé ; racine de guimauve | HMPC traditionnel, effet des mucilages | En cas de persistance longue (>3 semaines), investigation de la toux |
| Rhinosinusite aiguë non purulente | 1,8-cinéole 200 mg 3×/jour ; le cas échéant Pelargonium | Données d’ECR (Kehrl 2004 Laryngoscope) | En cas de complications sinusiennes (douleur frontale, symptomatologie unilatérale, vérifier l’indication antibiotique) médecin de famille |
| Prophylaxie du refroidissement | Echinacea purpurea (Echinaforce) | Cochrane 2014 hétérogène, études préventives isolément positives | Exclure allergie aux Astéracées et maladies auto-immunes |
| Pharyngite sans signes de streptocoque A | Spray ou pastilles sauge–échinacée | Comparable à chlorhexidine–lidocaïne (Schapowal 2009, n=154) | Score de Centor ≥3 → évaluation par le médecin de famille |
| Symptômes de refroidissement, enfants 2–6 ans | Sirop thym–lierre (sirop Bronchipret) dès 2 ans ; Pelargonium dès 3 ans | ECR, HMPC | En cas de détresse respiratoire, de fièvre élevée, médecin immédiatement |
| Infections récidivantes (≥4/an) | Consultation chez le médecin de famille ; le cas échéant comprimés EchinaMed (liste des spécialités) | Études de prévention à l’échinacée isolément positives | Envisager un bilan immunologique |
| Adultes sous anticoagulation | Pelargonium ou échinacée en principe possibles | Aucune donnée clinique solide sur les interactions | Documenter dans le dossier patient, informer le médecin de famille |
Perspectives 2026/2027
Trois évolutions marqueront les prochaines années pour la phytothérapie des infections respiratoires en officine suisse.
Premièrement : la stratégie suisse d’antibiotic stewardship StAR, avec son plan d’action One Health 2024–2027, valorisera encore le rôle de conseil de l’officine. Le projet ASAP (Antimicrobial Stewardship in Ambulatory care Platform) associe de plus en plus les pharmaciens. [13,15] L’entrée en vigueur probable de la remise unitaire d’antibiotiques (consultation d’ici fin 2026, puis mise en œuvre législative) renforcera encore le rôle de l’officine comme point de bascule critique : qui ne remet des antibiotiques que dans la quantité nécessaire au traitement voit nécessairement les patient·e·s, documente la remise et peut simultanément proposer des alternatives phytothérapeutiques pour le traitement symptomatique d’accompagnement. [15]
Deuxièmement : la révision de la LAMal du 21 mars 2025 (paquet de maîtrise des coûts 2) crée, dès le 1er janvier 2027 vraisemblablement, la base permettant de facturer certaines prestations d’officine à l’assurance obligatoire indépendamment de la remise de médicaments – dont explicitement l’analyse de la médication, la réconciliation médicamenteuse, l’optimisation de la thérapie et la promotion de l’adhésion (myCare Start). [31] Le conseil structuré en cas d’infections respiratoires récidivantes pourrait à terme être intégré à ces prestations remboursables, avec un potentiel considérable pour la pharmacienne ou le pharmacien formé en phytothérapie.
Troisièmement : les monographies HMPC sont continuellement révisées. La révision 2 du Pelargonium (29 mai 2024), avec son extension aux enfants dès 3 ans, n’en est qu’un exemple. [4] Qui veut rester à jour sur l’état des preuves en officine devrait utiliser les monographies HMPC (disponibles sur ema.europa.eu) et celles de l’ESCOP comme ouvrages de référence, aux côtés de PharmaWiki et du Compendium suisse des médicaments. La Société médicale suisse de phytothérapie SMGP propose en outre des formations continues de qualité pour les pharmacien·ne·s. [32]
Vignette clinique
M. K., 47 ans, se présente un jeudi matin avec une toux depuis cinq jours, des expectorations jaunâtres, de légers maux de tête, sans fièvre. Il demande : «Je pense qu’il me faut des antibiotiques – ne pouvez-vous pas me donner quelque chose ? Je ne peux pas aller chez le médecin de famille, j’ai un voyage d’affaires demain.»
La pharmacienne relève les points centraux. Toux productive avec sécrétions jaunâtres depuis cinq jours ; pas de fièvre, pas de détresse respiratoire, pas de douleurs thoraciques ; pas d’antécédents, pas d’asthme, pas de tabagisme ; pas de médication à risque ; pas d’allergies. À l’auscultation – dans la mesure du possible au stéthoscope dans une arrière-salle calme – un léger sifflement sans crépitants.
Elle explique : les antibiotiques ne sont pas indiqués dans cette configuration. La coloration jaune des sécrétions n’est pas un signe d’infection bactérienne, mais la marque de granulocytes neutrophiles – qui apparaissent aussi lors d’infections virales. Les recommandations de la SSI et les aides à la décision du BIHAM sont claires : dans la bronchite aiguë non compliquée sans facteurs de risque, le traitement symptomatique est le standard. [13,14] Elle indique à M. K. la possibilité d’une consultation télémédicale de médecine de famille le même après-midi (via Medi24 ou équivalent) s’il souhaite une confirmation médicale.
Pour le traitement symptomatique, elle recommande : Pelargonium sidoides (gouttes Kaloba, 30 gouttes 3× par jour pendant 7 jours) ou, en alternative, des capsules de 1,8-cinéole (Soledum forte, 200 mg 3× par jour avant les repas). Elle explique le choix : le Pelargonium a un effet immunomodulateur un peu plus large, le cinéole davantage de propriétés expectorantes.
M. K. opte pour Kaloba. La pharmacienne lui donne un conseil complémentaire : boire suffisamment, rinçages du nez à l’eau de mer, au besoin paracétamol ou ibuprofène pour les maux de tête, pas d’antitussif la journée (il doit expectorer), le cas échéant un antitussif codéiné la nuit (catégorie de remise B+ – consultation et documentation). Elle documente le conseil dans le dossier patient (RBP V pos. 3004.00, contrôle de sécurité patient).
Elle dit enfin à M. K. : si après sept jours les symptômes ne s’estompent pas, si de la fièvre, une dyspnée ou des symptômes généraux marqués s’ajoutent, ou s’il se sent incertain pendant son voyage d’affaires – consultation médicale à tout moment, télémédicale ou en présentiel. Elle note sur le ticket de caisse le numéro d’urgence de la permanence de médecine de famille proche de sa destination.
Trois enseignements du cas
- L’officine est souvent la première – et parfois la seule – instance de conseil lors d’infections respiratoires virales aiguës. C’est là que se décide si un patient rentre chez lui avec une phytothérapie acquise de sa propre initiative ou s’il est renvoyé au médecin de famille.
- L’antibiotic stewardship ne commence pas chez le médecin de famille. Il commence à l’officine, dans le conseil calme et fondé sur les preuves autour d’un symptôme que les patient·e·s, sans accompagnement pharmaceutique, auraient très probablement abordé avec une demande d’antibiotique.
- La phytothérapie ne remplace pas la vérification de l’indication. Elle en fait partie.
En bref
- Les infections respiratoires aiguës sont à >90 % virales – les antibiotiques ne sont pas indiqués dans la majorité des cas. La phytothérapie est une option standard étayée par les preuves, non une «alternative plus douce».
- Pelargonium sidoides (Kaloba/Umckaloabo) est, après la révision 2 du HMPC (29.5.2024), autorisé dès 3 ans et dispose de données d’ECR solides pour la bronchite aiguë (réduction du BSS de 2,80 points vs placebo).
- Echinacea purpurea (Echinaforce, EchinaMed) bénéficie d’un usage bien établi HMPC ; une nouvelle méta-analyse 2025 montre chez l’enfant une réduction des prescriptions d’antibiotiques de plus de 80 pour cent (RR 0,18).
- Le 1,8-cinéole (Soledum forte) dispose de données d’ECR pour la bronchite aiguë, la rhinosinusite non purulente et l’exacerbation de BPCO ; dose de 200 mg 3× par jour.
- Conseil dans le contexte de l’antibiotic stewardship : persistance des symptômes >10 jours, fièvre élevée, dyspnée, populations à risque → consultation médicale. Pour tout le reste : phytothérapie symptomatique et observation de l’évolution.
- Réalité tarifaire suisse : la plupart des phytothérapeutiques relèvent de l’automédication (catégorie de remise D) ; les comprimés EchinaMed et le spray pour la gorge figurent sur la liste des spécialités et sont remboursés par l’assurance obligatoire. Les assurances complémentaires remboursent 50 à 90 % des coûts de phytothérapie.
Références
- Bundesamt für Gesundheit (BAG) und Bundesamt für Lebensmittelsicherheit und Veterinärwesen (BLV). Strategie Antibiotikaresistenzen Schweiz (StAR), One Health-Aktionsplan 2024–2027. Verabschiedet vom Bundesrat am 26. Juni 2024. Verfügbar unter: star.admin.ch.
- ANRESIS – Schweizerisches Zentrum für Antibiotikaresistenzen. Swiss Antibiotic Resistance Report (SARR) 2024 – Usage of Antibiotics and Occurrence of Antibiotic Resistance in Switzerland. Bern: BAG/BLV; 18. November 2024. (Ambulanter Verbrauch 9.4 DID 2023; 87% in ambulanten Praxen; 30% Antibiotikaverschreibungen für obere Atemwege, 28% für Harnwege bei Hausärzt:innen.)
- drugshortage.ch (Initiator: Enea Martinelli, Chefapotheker FMI). Aktuelle Lieferengpässe in der Schweiz – Stand Ende 2025: knapp 600 nicht lieferbare Präparate.
- European Medicines Agency, Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). European Union herbal monograph on Pelargonium sidoides DC; Pelargonium reniforme Curt., radix. Revision 2, final. EMA/HMPC/648100/2022; 29. Mai 2024. (Traditional Use; neu Erweiterung der Zielpopulation auf Kinder ab 3 Jahren.)
- Timmer A, Günther J, Motschall E, Rücker G, Antes G, Kern WV. Pelargonium sidoides extract for treating acute respiratory tract infections. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(10):CD006323. DOI: 10.1002/14651858.CD006323.pub3.
- Agbabiaka TB, Guo R, Ernst E. Pelargonium sidoides for acute bronchitis: a systematic review and meta-analysis. Phytomedicine. 2008;15(5):378–385. (BSS-Reduktion vs. Placebo: WMD 2.80 Punkte; 95% KI 2.44–3.15.) Ergänzend: Matthys H, Lehmacher W, Zimmermann A, et al. EPs 7630 in acute respiratory tract infections – a systematic review and meta-analysis. J Lung Pulm Respir Res. 2016;3(1):4–15.
- Echinacea purpurea pediatric URTI Meta-Analyse: “Efficacy and safety of Echinacea purpurea in treating upper respiratory infections and complications of otitis media in children: Systematic review and meta-analysis.” Complement Ther Med. 2025. PMID: 40311928. (n=3'169; URTI-Inzidenz RR 0.81 [95% KI 0.75–0.87]; Antibiotikaverbrauch RR 0.18 [95% KI 0.13–0.25].)
- Karsch-Völk M, Barrett B, Kiefer D, Bauer R, Ardjomand-Woelkart K, Linde K. Echinacea for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2014;(2):CD000530. DOI: 10.1002/14651858.CD000530.pub3. (24 doppelblinde RCTs, n=4'631; Heterogenität gross, schwache Hinweise auf Effekt bei E. purpurea aerial parts.)
- Fischer J, Dethlefsen U. Efficacy of cineole in patients suffering from acute bronchitis: a placebo-controlled double-blind trial. Cough. 2013;9(1):25. DOI: 10.1186/1745-9974-9-25.
- Kehrl W, Sonnemann U, Dethlefsen U. Therapy for acute nonpurulent rhinosinusitis with cineole: results of a double-blind, randomized, placebo-controlled trial. Laryngoscope. 2004;114(4):738–742.
- Worth H, Schacher C, Dethlefsen U. Concomitant therapy with cineole (eucalyptole) reduces exacerbations in COPD: a placebo-controlled double-blind trial. Respir Res. 2009;10:69.
- Schweizerisches Heilmittelinstitut Swissmedic. Liste der zugelassenen Arzneimittel mit Abgabekategorien. Bern: Swissmedic; laufend aktualisiert. Ergänzend: Bundesamt für Gesundheit (BAG). Spezialitätenliste (SL): EchinaMed Tabletten und EchinaMed Halsschmerzspray (A. Vogel) sind kassenzulässig.
- Schweizerische Gesellschaft für Infektiologie (SSI). Antibiotika-Richtlinien. Verfügbar unter: ssi.guidelines.ch. Ergänzend: Berner Institut für Hausarztmedizin (BIHAM). Entscheidungshilfen zur partizipativen Antibiotika-Entscheidungsfindung in der hausärztlichen Praxis.
- Kollegium für Hausarztmedizin (KHM). ASAP – Antimicrobial Stewardship in Ambulatory care Platform. Lanciert 2023, finanziell unterstützt durch das BAG im Rahmen der StAR-Strategie.
- Schweizerischer Bundesrat. Einzelabgabe von Antibiotika. Bericht in Erfüllung der Motion 17.3942 Tornare; Vernehmlassungsentwurf bis Ende 2026 angekündigt; verbindliche Einzelabgabe für Apotheken, freiwillig für Arztpraxen. Bern: admin.ch; 2025.
- Deutsche Gesellschaft für Allgemeinmedizin und Familienmedizin (DEGAM). S3-Leitlinie Akuter und chronischer Husten. Berlin: DEGAM; aktuelle Version mit Phytotherapie-Empfehlung als evidenzbasierte symptomatische Therapie bei akuter Bronchitis.
- Cinatl J Jr, Wass MN, Michaelis M. Multiple mechanisms enable broad-spectrum activity of the Pelargonium sidoides root extract EPs 7630 against acute respiratory tract infections. Front Pharmacol. 2024;15:1455870. DOI: 10.3389/fphar.2024.1455870.
- Schoop R, Klein P, Suter A, Johnston SL. Echinacea in the prevention of induced rhinovirus colds: a meta-analysis. Clin Ther. 2006;28(2):174–183. (Eine der frühen Meta-Analysen, die statistisch signifikante präventive Effekte zeigt – mit der Limitierung des experimentellen Designs.)
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- European Medicines Agency, HMPC. European Union herbal monograph on Echinacea purpurea (L.) Moench, herba recens. EMA/HMPC/48704/2014 Corr.; 24. November 2015. (Traditional Use.)
- Schürmann M, Oppel F, Shao S, Volland-Thurn V, Kaltschmidt C, Kaltschmidt B, Scholtz LU, Sudhoff H. Rhinosinusitis Treatment with Cineole: Patient-Reported Quality of Life Improvements from a Non-Interventional, Pharmacy-Based Survey. PMC10301941. (Real-World-Daten zur Cineol-Therapie bei Rhinosinusitis.) Ergänzend: Aktuelle systematische Übersicht zu 1,8-Cineol in respiratorischen Erkrankungen: Matl et al. Effects of Essential Oils in the Treatment of Acute Rhinosinusitis: A Systematic Review. Laryngoscope Investig Otolaryngol. 2025;10:e70189.
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- Schapowal A, Berger D, Klein P, Suter A. Echinacea/sage or chlorhexidine/lidocaine for treating acute sore throats: a randomized double-blind trial. Eur J Med Res. 2009;14(9):406–412. (Multizentrische Schweizer Studie, n=154; vergleichbare Wirksamkeit von Salbei-Echinacea-Spray und Chlorhexidin-Lidocain bei akuter Pharyngitis.)
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- Eidgenössisches Departement des Innern (EDI). Krankenpflege-Leistungsverordnung (KLV), Art. 4b – Ärztliche Komplementärmedizin. Die Phytotherapie ist seit 2017 dauerhaft in der OKP-Pflicht. Bern: BAG; admin.ch.
- Teschke R, Frenzel C, Wolff A, Eickhoff A, Schulze J. Drug induced liver injury: accuracy of diagnosis in published reports. Ann Hepatol. 2014;13(2):248–255. (Differenzierte Auseinandersetzung mit den vereinzelt diskutierten hepatotoxischen Signalen von Pelargonium-Präparaten; methodische Kausalitätsprobleme in den Einzelfallberichten.)
- Schweizerisches Parlament. Revision des Bundesgesetzes über die Krankenversicherung (KVG), Artikel 25 und 26 – zweites Massnahmenpaket zur Kostendämpfung. Verabschiedung in der Schlussabstimmung am 21. März 2025; voraussichtliches Inkrafttreten 1. Januar 2027. Konkrete neue OKP-Leistungen für Apotheken: Impfen, Medikationsanalyse, Medikationsabgleich, Therapieoptimierung, Adhärenzförderung (myCare Start). pharmaSuisse Medienmitteilung 21.3.2025.
- Schweizerische Medizinische Gesellschaft für Phytotherapie SMGP. Pflanzliche Arzneimittel – Fachgesellschaft und Weiterbildung. Verfügbar unter: smgp-sspm.ch.
